Villers sur Mer 1845-1875

Villers sur Mer 1845-1875

Villers sur Mer 1845-1875

Octobre 1845   -   Nouvelle locale.  -  La commune de Villers-sur-Mer vient d'être le théâtre d'un crime. Le nommé Labbé, vieillard de 70 ans environ, occupait seul une maison en cette commune.

Dans la nuit de dimanche à lundi des malfaiteurs se sont introduis chez lui et l'ont frappé de plusieurs coups de couteau qui ont occasionné la mort. Cet homme avait été victime d'un vol il y a quelque temps. Il était célibataire et passait pour être dans l'aisance.

Dés le lendemain la nouvelle de ce fatal événement s'est promptement propagée. La justice, accompagnée du docteur Joly, s'est immédiatement rendue sur les lieux, pour procéder à la visite du cadavre et recueillir les renseignements propres à l'éclairer sur les auteurs de ce crime.

Si nous en croyons la version qui circule dans le public, l'un des malfaiteurs se serait introduit dans la maison par la cheminée et serait ensuite venu ouvrir à ses complices. Une lutte alors aurait dû avoir lieu entre ces brigands et le malheureux vieillard, dont la fin a été si tragique.

Tels sont les renseignements que nous a fournis la rumeur publique. Une information est commencée à ce sujet. Puisse-t-elle conduire bientôt à la découverte des coupables.

Dans la même nuit, non loin du lieu où le crime avait été commis, une jument appartenant au sieur Letenneur, cultivateur à Saint-Vaast, a été volée. Une selle et une bride auraient été également soustraites, la même nuit, à un autre cultivateur d'une commune voisine. (Source  : Journal de Honfleur)

 

Mai 1866   -   Décret impérial.   -   Un décret impérial du 28 avril 1866, autorise le trésorier de la fabrique de l'église de Villers-sur-Mer à accepter  la donation faite à cet établissement par le sieur Paris d'Illins, et consistant dans un terrain d'une contenance de 100 mètres et un calvaire construit sur ce terrain.

 

Novembre 1866   -   Un incendie.   -   Dimanche dernier, vers neuf heures du matin, à Villers-sur-Mer, un feu de cheminée très violent a éclaté dans la maison du sieur Moret, entrepreneur, occupée par le sieur France.

Les sapeurs-pompiers, sous la direction de leur lieutenant, se sont rendus immédiatement sur les lieux, et, au bout de quelques instants de travail, ils ont pu se rendre complètement maître du feu.

 

Juillet 1867   -   Les plages normandes.   -   Les illustrations de tous genres, les grands noms arrivent sur les plages normandes. Le prince Murat vient de s'installer à Villers, dans l'élégante habitation de M. Pigeory, le fondateur, comme on sait, de cette charmante colonie balnéaire.

Parmi les visites que doit procurer à Villers la présence du prince, on doit mettre en première ligne celle de Mme la duchesse de Mouchy, sa fille.

 

Octobre 1867   -   Un incendie.   -   Le 18 de ce mois, à huit heures du matin, un incendie que l'on croit devoir attribuer à la malveillance, a détruit un corps de bâtiment composé de deux remises, deux écuries, une buanderie, huit chambres occupées par quatre locataires, avec grenier sur le tout. Il appartenait au sieur Charles Morice, entrepreneur de voitures publiques. Le mobilier des locataires et les voitures du propriétaire ont été sauvés.

Trois enfants en danger d'être asphyxiés ont été sauvés par les sieurs Honoré Henry et Jean Désiré Vassel, charpentier à Villers. La justice s'est rendue sur les lieux pour informer.

 

Juillet 1868   -   Une noyade.   -   M. Bruyant-Desplanques, âgé de 46 ans, fabricant à Elbeuf, est mort samedi dernier, à Villers-sur-Mer, sous les yeux de sa famille, qui s'était rendue dans cette commune pour y prendre des bains.

M. Bruyant-Desplanques, en nageant, s'est trouvé atteint de quelque indisposition ou mis par les vagues dans l'impossibilité de gagner la terre, il a appelé du secours mais la force des lames a empêché qu'on arrivât assez tôt.  

 

Juin 1869   -  La saison des bains de mer.   -   Le temps exceptionnellement froid et pluvieux dont nous sommes affligés depuis plus d'un mois rend très mauvais le commencement de la saison pour nos villes  de bains. à Trouville, il y a très peu de location consenties ; à Deauville, les transactions sont plus paralysées que jamais ; à Villers, quelques familles seulement, parmi lesquelles on nous cite celle de l'amiral Jurien de La Gravière, ont retenu leur logement.

 

Juillet 1869   -   La saison des bains de mer.   -  Une importante location a été faite à Villers-sur-Mer au nom du prince Napoléon. Le prince, la princesse Clotilde et leurs enfants viendront passer la saison des bains dans cette résidence. Le prince Murât est déjà depuis plusieurs semaines installé à Villers. 

 

Septembre 1869   -   Les bains de mer.   -   Depuis dix ans, la population sédentaire de Villers est plus que triplée, et les baigneurs qui viennent y passer la saison d'été sont au nombre de plusieurs milliers, on comprend que la vieille église ne peut plus suffire à contenir les fidèles, aussi M. l'abbé Robé, le jeune curé de cette paroisse, a-t-il l'intention de faire agrandir ou reconstruire l'église au vieux clocher  Roman.

On parle, d'une liste de souscription qui contiendrait des dons importants, on espère que le conseil municipal trouvera des ressources pour aider le curé dans son œuvre.  

 

Septembre 1869   -   L’ouragan du 12 au 13 septembre.   -  Une épouvantable tempête a sévi pendant quarante-huit heures sur notre contrée, elle a commencé dans la huit de samedi à dimanche, le calme n'est revenu que lundi dans la soirée.

A Caen, les dégâts ne sont pas fort considérables : un platane renversé sur le Cours-la-Reine, quelques branches et quelques vitres brisées, un coin de mur renversé rue Basse et la chute d'une cheminée, rue Saint-Sauveur sont, avec beaucoup d'ardoises et de tuiles arrachées aux toits, à peu près tout ce qu'on peut, ici, reprocher à la bourrasque.

Dans la campagne, sur les routes, les pertes sont beaucoup plus grandes, on ne voit qu'arbres brisés et renversés, les arbres fruitiers sont dépouillés de leur récolte, les pommiers sont partout fort endommagés.

Il y a eu interruption dans le service des bateaux â vapeur de Caen au Havre. L'ouragan a été terrible sur la côté du Havre, On apercevait, tout en face de nos cotes, un certain nombre de barques chavirées.

Déjà le 10 courant, le nommé Désiré Génie, étant dans son canot sans lest, a sombré à deux milles de Villers, il s'est cramponné â la mâture, où il s'est maintenu jusqu'à l'arrivée de la barque de pêche « Tout-à-Marie », n° 100, de Trouville, patron Gagnard, qui, l'ayant aperçu, l'a recueilli et déposé à Villers.

 

Juillet 1870   -  Une belle pêche.   -   Une pèche miraculeuse vient d'être faite près de Villers-sur-Mer : 1.100 gros yeux (brème rouge), y ont été péchés dans une nuit.

 

Février 1872   -  Fait divers.   -  Le ministre de la marine et des colonies a décerné des récompenses pour faits de sauvetage. Sur cette liste nous relevons les noms suivants :

Guillaume Lemarchand, matelot, témoignage officiel de satisfaction. Sauvetage de deux hommes à Honfleur le 28 juillet 1871.

Pierre Marie, matelot ; médaille de 2e classe, argent. Sauvetage d'un enfant le Port-en-Bessin, le 9 juillet 1871.

Pierre Colleville matelot ; médaille de 2e  classe, argent. Sauvetage d'un enfant à  Port-en-Bessin, le 16 septembre 1871.

François Leboucher, sous-patron des douanes ; médaille de 2e classe, argent. Sauvetage d'un enfant à Caen, le 20 septembre 1871.

Florentin-Auguste Gilles, apprenti marin, témoignage officiel de satisfaction ; Pierre-Edmond Genivière, témoignage officiel de satisfaction. Secours à un noyé à Villers-sur-Mer, le 18 juillet 1871.  

 

Juin 1872   -  Recensement.   -  D'après les documents relatifs au recensement recueillis jusqu a ce jour, on, estime et que la population du Calvados a diminué de 25.000 habitants, depuis le recensement de 1866.

 

Juillet 1872   -  Accident.   -  Rien de plus divertissant quand deux femmes se battent. Il faut toujours que le chignon danse.

Dimanche dernier, une petite scène de ce genre s'est passée à Villers-sur-Mer, entre deux laitières, qui, après s'être disputé l’allaitement d'une famille de baigneurs, récemment débarquée dans le pays, en sont venues aux cheveux.

Je crois même que les combattantes seraient rentrées complètement chauves au domicile conjugal, si l'un des assistants au péril de sa.... vue, n'eût séparé les deux commères.

L'une d’elles, qui prétend que son adversaire la, un peu au-dessous de la collerette, pincée jusqu'au sang, a porté plainte aux gendarmes.

Mais ces agents de l'autorité n'ont voulu verbaliser qu'à une condition : c'est qu'on leur montrerait le corps du délit……     La plaignante a refusé, et l'affaire n’eu de suites.

 

Août 1872   -  Loi sur les boissons.   -  Tout détenteur d'appareils propres à la distillation d'eaux-de-vie ou d'esprits est ténu d'en faire, au bureau de la régie, une déclaration énonçant le nombre et la capacité de ses appareils.

 

Août 1872   -  La fin du monde.   -  On sait que la fin du monde avait été prévue pour le 5 de ce mois, elle n'a pas eu lieu, parce qu'elle a été, paraît-il, remise au 12 août, selon les uns, et selon les autres, au 15 août, fête de l'ex-empereur.

 

Août 1872   -  Les bains de mer.   -  Nos côtes commencent à se peupler de baigneurs. Les locations, pour le mois d'août, se sont faites à des prix assez élevés, quoique inférieurs aux années précédentes.

M. Thiers est arrivé lundi à Trouville, où il a été reçu avec acclamations.

Trente douaniers font un service d'honneur à l'entrée du chalet. Deux petits camps microscopiques sont installés à côté de la résidence présidentielle. Un fil télégraphique met le chalet en communication avec l'hôtel de la présidence à Versailles. M. Rampont, directeur des postes, vient d'organiser un service entre Versailles et Trouville.

Le Ministre de la guerre est attendu à Houlgate, où se trouve l’ex-reine d'Espagne. A Villers, M. Say, le préfet de la Seine. A Cabourg, Georges Sand. A Villers-sur-Mer, M. le duc de Nemours est arrivé lundi.  

 

Avril 1873   -   Pêche miraculeuse.   -  La pêche du maquereau est miraculeuse en ce moment sur nos côtés de Normandie. Cinq bateaux sont entrés, rapportent 105 800 Maquereaux, 9 700 avaient été salés en route.

 

Mai 1873   -  Les Événements.   -   Samedi soir, M. THIERS a donné sa démission, de Président de la République française. Il a été remplacé par le maréchal DE MAC-MAHON, duc DE MAGENTA. Le maréchal-Président est âgé de 65 ans.

Juin 1873   -  Le Maréchal Mac-Mahon en Normandie.   -   On s'attend sur la côte normande, pour la fin du mois, à la visite du maréchal président de la République. Les préfets du Calvados et de la Seine-Inférieure ont été prévenus.

 

Juin 1873   -  Saison des bains.   -  Il se confirme que le maréchal de Mac-Mahon viendrait passer quelques semaines à Houlgate. —  M. Thiers, de son côté, reviendrait à Trouville, au chalet Cordier.  —  Enfin, la princesse Mathilde viendrait séjourner à Villers-sur-Mer.  

 

Novembre 1873   -   Récompenses.   -  Le ministre de la marine a décerné des récompenses pour faits de sauvetage aux personnes ci-après désignées, domiciliées dans notre département : Eugène-Clair Baverel, marchand ébéniste ; médaille de 2eme  classe, argent, — Secours à quatre soldats à Langrune, 13 juillet 1873.

Alexandre-Clovis-Louis France, guide-baigneur ; médaille de 2eme classe, or. — Sauvetage de deux baigneurs. Villers-sur-Mer.

François-Marin-Zéphir Haupois, matelot, témoignage officiel de satisfaction ; Jean-Baptiste-Emmanuel Lepareux, matelot, témoignage officiel de satisfaction. — Secours d'un bateau chaviré à Bernières.

Théophile-Félicien Lemarchand, matelot, médaille de 1er classe, argent.— Sauvetage de quatre personnes. Saint-Aubin-sur-Mer.

M. Carel, avocat à Caen, récemment nommé chevalier de la Légion d'honneur, vient de recevoir du pape le cordon de commandeur de Saint-Grégoire-le-Grand.  

 

Août 1875   -   voie de communication.  -  Il est question d'établir une voie de communication perfectionnée qui permettrait d'aller de Trouville à Villers-sur-Mer en 20 minutes. Ce serait un chemin d'un système nouveau qui comporte à la fois l'emploi de la vapeur comme force motrice et l'adoption d'une chaussée en macadam ou en asphalte, sur laquelle les véhicules seraient impérieusement guidés suivant un frayé invariable. L'auteur est M. Léon Le Cordier.  

VILLERS-SUR-MER  -   La Place de Villers  -  L D.

 

Villers-sur-Mer  (Calvados).  -   Rue de l'Eglise